Regard sur une aventure - 1ère partie
Un mois avant le départ de ce continent et retrouver l’Europe, la France et ma région, quel regard pourrais-je porter sur cette aventure ? Un projet nommé « Paysans du Monde » qui aura finalement été celui de la rencontre avec les paysans d’Amérique du Sud. Ce pendant je crois que la vision et l’expérience retirées me permettent de penser aux conditions paysannes de part le monde, ici et là-bas.
Un travail collectif et familial
L’agriculture familiale et l’agriculture vivrière. Je dis bien ET car se sont pour moi deux aspects d’une petite agriculture, de l’agriculture paysanne. L’agriculture vivrière est celle pratqiuée par les petits paysans dont la surface de production est bien souvent un simple hectar, tout au plus, pour nourrir une famille de 5,6,7… personnes. Une agriculture qui permet tout au juste l’autonomie alimentaire de la famille, mais dont l’alimentation est très peu variée. Une agriculture vivrière est une agriculture familiale, mais cette dernière ne serait être uniquement une agriculture vivrière.
L’agriculture familiale pourrait se qualifier de petite agriculture participant à l’économie locale dont l’objet est à la fois la production d’une grande partie de l’alimentation familiale mais également la vente d’une partie des récoltes. L’ensemble des membres de la famille participent également aux travaux agricoles. Selon les fermes rencontrées, la production est plus ou moins diversifiée, certainement produisant presque la totalité de leur alimentation.
Ce qui caractérise ces 2 agricultures est l’aspect collectif du travail. Tout d’abord par mes membres de la famille, que cela soit imposé ou voulu. Mais également entre paysans, entre familles, pour les semences et mes récoltes. Une entraide qui semble avoir été en grande partie oubliée en Frace, du essentiellement à la baisse du nombre des paysans (de part à la course à l’agrandissement) et de la mécanisation de nos campagnes. Cette mécanisation a eu le double effet, celui de l’allègement d’une pénibilité dans le travail qui, en contre partie, à diminué la « nécessité » du voisin pour certaines tâches agricoles.
L’organisation familiale autour des systèmes agricoles pourrait-être perçut, au vue du travail des enfants, comme un problème social. Si pour certains cas, nous ne pouvons qu’admettre la pénibilité et la lourdeur du travail demandé à ces enfants, pour d’autres cas, c’est avant tout le contexte social qu’il faut savoir regarder. Pour les parents, afin d’assurer l’alimentation et le minimum de revenu, les 2 doivent travailler aux champs. Seulement, qui peut s’occuper des enfants ? Il n’y a pas de système de crèche ou garderie et, quand bien même elles existeraient, la plupart des familles n’auraient pas les moyens de payer ce service. C’est pourquoi il n’est pas rare de voir il n’est pas rare de voir des mères de familles travaillant avec sur leur dos un nouveau-né de 6 mois. Lorsqu’ils peuvent être scolarisés, les enfants ne vont en cours que le matin ou l’après-midi, par manque de professeur et d’infrastructure pour les accueillir. C’est pourquoi, bine souvent après le déjeuner et les devoirs faits, les enfants vont aider leur parents aux champs de nouveau.
Il est de plus en plus rare en France de voir les enfants aider leurs parents pour ce type de travaux. Moi-même je n’étais pas féru et le faisait presque toujours par « obligation » Aujourd’hui je crois que j’aurais du m’obliger un peu plus, pour apprendre de la vie…
L’enjeu de la terre et de la propriété
Un thème important s’il en est, celui de la Terre. Pour des pays dont la grande majorité de la population est paysanne, l’accès et le droit à la Terre est primodial. Un paradoxe ? Celui de pays 3,4,5… fois plus grand que la France, possédant seulement 10, 20, 30… millions d’habitants pour certains. Et pourtant, combien de paysans sans terre ? Comment expliquer cela ? Des politiques nationales et internationales facteurs de ce principal problème social et économique. D’un côté des gouvernements Sud Américains qui ont toujours ouvert leurs portes aux investisseurs étrangers, leur offrant toutes les facilités pour l’acquisition de grandes surfaces agricoles. Des facilités n’hésitant pas à exproprier et exclure du discours les paysans et populations indigènes locales. Des facilités peut-être dues aux enveloppes également offertes. ? Je dérappe…
Face à la pauvreté entrainée par cette concentration des Terres (salaires très bas pour les ouvriers, perte de l’autonomie alimentaire…) on s’étonne et on incrimine des insurrections presque terroriste de paysans dont la survie ne serait plus que l’acte de révolte. Il est vrai qu’il est préférable de les voir se taire et migrer vers les bidonvilles des grandes villes du pays…
La cause vient également des politiques internationales qui laisse se développer ce qui est aujourd’hui appelé « L’accaparement des terres » Qui laissent ou qui favorisent ? Si ce ne sont pas directement les gouvernements, cet accaparement se fait par de grandes transnationales qui achètent et exploitent ces terres des pays du sud afin d’exporter la production vers les pays du nord. Si l’on résume , nous sommes face à une concentration des terres de quelques grands propriétaires, exploitant comme ouvrier sous-payés des paysans dont la famille travaillent éventuellement ces terres, pour une production majoritairement dédiée à l’exportation. Bas salaire pour ces paysans et production pour les consommateurs du nord, que leur reste-il ?
En comparaison, La France est également confrontée aux mêmes difficultés. La politique d’intensification de l’agriculture a engendré la concentration des terres et l’envol du prix de l’hectare. Il y a en plus de cela le dénigrement d’une grande partie de la Famille paysanne pour la maintenir. Je m’entends. Combien de paysans vont préférer vendre à un agriculteur pour l’agrandissement qu’à un jeune souhaitant s’installer ? Tout cela parce que le 1er « met sur la table plus de billet » que le second. Je ris lorsque j’entends ces mêmes paysans à la retraite dire que les jeunes ne s’intéressent plus à l’agriculture. Mais se sont-ils demandés à quelle agriculture ces jeunes ne s’interessent plus (ces jeunes) ?
J’aimerai ajouter à cela, bien que l’on me contredira, la hausse du prix des terres agricoles selon les droits aux primes que celles-ci possèdent. La loi interdit, je crois, une plus value selon ces droits aux primes, mais ne soyons pas dupe.
La terre est et restera un enjeu important, parce que nécessaire à la survie de l’Humain. Que l’on vive au nord ou au sud de cette Terre, en ville ou à la campagne, notre alimentation dépend de notre terre nouricière. La terre est et restera un enjeu car depuis des décennies on la maltraite, o, la tue et sa fertilité diminue tout comme la population s’accroit. L’accès à la terre restera un problème tant que l’on maintiendra un système agricole intensif et concentrique, une agriculture chimique qui ne voit dans cette terre qu’un support de production et dans nos aliments qu’un produit quelconque pouvant générer des bénéfices.
La terre sera une solution lorsque nous réapprendrons les pratiques écologiques, de répartition et relocalisation de la production, tout comme la souveraineté des peuples de produire et consommer leurs aliments.
La terre n’appartient aux Hommes, se sont les Hommes qui lui appartiennent…