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En revenant du Mans, il y a de cela plusieurs semaines déjà, je pensais et ressassais ce que je venais d’entendre. Il m’aura fallut ce temps pour vous retranscrire ce que j’en avais retenu, pour vous partager ce qui se passe déjà aujourd’hui. La mutagénèse.
Comme beaucoup ce terme ne me disait rien. Je comprenait toute fois ce dont cette conférence allait traité, son intitulé associait ouvertement mutagénèse et OGM. Et que dire des intervenants prévus, Christian Vélot, Eric Meunier, Guy Kastker, Jean-Pierre Berlan…
Alors, la mutagénèse ? Et si je vous disais qu’il s’agit de plantes mutées ? Et quel lien avec les OGM ? Et bien se sont également des organismes génétiquement modifié bien qu’échappant à la loi sur les OGM car il n’y a pas de modification de gène à proprement parlé. La définition d’un OGM est la suivante : « Organisme vivant ayant subit une modification non naturelle de ses caractères génétiques initiales par ajout, remplacement ou suppression d’au moins un gène. » Et les transgéniques alors ? Et bien ils entrent dans le cadre de la loi ! Voici quelques notions sur les transgéniques, glanées elles aussi lors de cette journée fort intéressante. Transgène signifie gène étranger et transgénèse est le procédé conduisant à l’ajout d’un gène étranger dans un organisme, donnant ainsi un organisme transgénique.
Les plantes mutées, que l’on appelle SAGE (Sans Ajout de Gène Extérieur) n’entrent donc pas dans la champ des OGM au titre de la transgénèse. Elles subissent une exposition à un traitement physique (rayon X, gama, UV…) ou chimique (agent provoquant un changement au niveau des chromosomes) Les agents chimiques sont d’ailleurs cancérigènes et ils doivent l’objet d’une déclaration à la médecine du travail avant leur utilisation. Des chercheurs sont décédés du cancer du pancréas après manipulation de ces agents. De ces expositions, 50% des graines survivent et sont ensuite mises sur un pétri où elles seront exposées au produit dont on souhaite qu’elles aient une résistance. On fait ensuite germer les graines et elles sont arrosées avec un herbicide par exemple. On conserve les plantes qui ont résisté puis on ressème jusqu’à la 4ème génération qui sera celle commercialisée.
Il faut bien faire la différence entre résistance et tolérance à un herbicide. Une plante résistante ne sous-entend pas qu’il y a présence de l’herbicide dans la plante.
Le mutagénèse est aléatoire, on ne va pas « casser » uniquement ce que l’on désirait. Prenons l’exemple du tournesol Express – Su7. Après avoir subit la mutagénèse comme précédemment cité, les semenciers, pour palier aux problèmes des mutations non désirées, réalisent un croisement avec un tournesol conventionnel afin d’éliminer les autres mutations. Le 1er croisement donnera un tournesol composé à 50% du Su7 et 50% du conventionnel. Un 2ème croisement donnera un tournesol composé à 25% du Su7 et 75% du conventionnel. Ainsi de suite jusqu’à obtenir un tournesol composé à 99,9% du conventionnel.
Hors, comme le rappelait Christian Vélot, lorsque plusieurs mutations sont proches, on ne peut les séparer. Il n’y a donc pas de garantit que la plante est subit une seule mutation. Il faut savoir qu’un plante mutée ne peut-être détectée par analyse, comme le sont les transgéniques. Il n’y a pas, dans la mutagénèse, d’introduction de nouveau gène, donc pas de nouvelle protéine (qui sont détectable lors des analyses)
Les transgénèse est une technique couteuse pour les entreprises du fait de la législation et de la procédure de mise sur le marché. Par ailleurs, celle-ci indique dans une annexe de la directive 2001-18 que la « mutagénèse n’est pas concernée par la directive. » Cela ne serait-il pas une reconnaissance des mutagénes comme OGM ? L’autorisation de commercialisation est donnée par un avis d’expert indépendant qui donne une « autorisation car dans l’état actuel des connaissances scientifiques cette plante ne présente pas plus de risque que les autres. » Cela dédouane les entreprises…
Certains pourraient voir dans la mutagénèse un principe de sélection fait par la nature elle-même. Hors, la nature le fait sur des échelles de temps géologique très long. De même, la transgénèse, lorsqu’elle a lieu naturellement, se fait entre organisme de même niche géologique. L’OGM est par l’homme qui choisit et sélectionne sur une échelle de temps trop courte. Par ces procédés on touche également à la question de propriété intellectuelle. Par l’obtention d’un brevet, les semenciers s’octroi la propriété de toute plante où le gène breveté s’exprime. Un paysaneut donc utiliser les semences contenant ce gène breveté s’il les achète à l’entreprise. Il pourra les ressemer chaque année s’il paie des droits à l’entreprise !
Pour cela, les semenciers éprouvent un mépris pour les semences paysannes, sans brevet et donc libre d’utilisation. Il s’agit pour eux d’une concurrence déloyale ! Pour une société marchande, celle dans laquelle nous vivons, c’est un véritable probluème de voir les être vivants se reproduire seul, librement et gratuitement. Depuis 2 siècle, la société marchande est en lutte contre cela !
La majorité des propos sont issus des conférences réalisées lors de cette journée par Christian Vélot, Eric Meunier, Guy Kastler et Jean-Pierre Berlan.
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